Le cabinet n'est pas encore ouvert : Esteban Ferreira n'exerce pas encore. Prise de rendez-vous bientôt disponible.

Esteban Ferreira Psychologue · Neuropsychologue · Psychothérapeute
Menu
Troubles du neurodéveloppement · 5-10 min de lecture

Comprendre le TSA

Le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) est un trouble du neurodéveloppement qui influence la manière dont une personne perçoit son environnement, communique, interagit avec les autres et traite certaines informations.

Le terme « spectre » signifie que l’autisme peut se manifester de façons très différentes d’une personne à l’autre. Deux personnes autistes peuvent avoir des profils, des besoins et des ressources très différents.

Contrairement à certaines idées reçues, l’autisme ne se résume ni à un manque d’empathie, ni à des difficultés de langage, ni à un comportement stéréotypé. Il s’agit d’un fonctionnement particulier qui peut s’accompagner de nombreux points forts comme de difficultés variables selon les situations.

Voici des affiches explicatives sur le TSA -

Le TSA est un fonctionnement neurodéveloppemental

Le TSA est présent dès le développement de l’enfant, même si ses manifestations peuvent être plus ou moins visibles selon les personnes et les périodes de la vie.

Certaines personnes sont identifiées très tôt, tandis que d’autres ne reçoivent un diagnostic qu’à l’adolescence ou à l’âge adulte.

Ce retard diagnostique peut s’expliquer par plusieurs facteurs : des difficultés plus discrètes, des stratégies de compensation, ou encore une meilleure connaissance du TSA ces dernières années.

Comment se manifeste le TSA ?

Le TSA s’exprime différemment chez chaque personne.

Les manifestations concernent principalement deux grands domaines.

Les interactions sociales et la communication

Certaines personnes peuvent présenter :

  • des difficultés à comprendre les codes sociaux implicites ;
  • une communication différente, parfois très directe ou très littérale ;
  • une difficulté à interpréter certaines expressions faciales, le second degré ou l’implicite ;
  • une gêne dans certaines situations sociales ;
  • une préférence pour des échanges structurés ou prévisibles.

Ces particularités ne signifient pas que la personne ne souhaite pas créer de liens avec les autres. Beaucoup de personnes autistes développent des relations riches et épanouissantes, mais leur manière d’interagir peut être différente.

Les comportements, intérêts et particularités sensorielles

Le TSA peut également s’accompagner :

  • d’intérêts très développés pour certains sujets ;
  • d’un besoin de routines ou de prévisibilité ;
  • d’une gêne face aux changements imprévus ;
  • de mouvements répétitifs (par exemple se balancer, manipuler un objet ou battre des mains), parfois utilisés pour s’autoréguler ;
  • d’une sensibilité particulière aux sons, aux lumières, aux odeurs, aux textures ou au contact physique.

Toutes ces caractéristiques ne sont pas présentes chez chaque personne.

Chaque personne autiste est différente

Le TSA est extrêmement hétérogène.

Certaines personnes ont besoin d’un accompagnement important dans leur vie quotidienne.

D’autres vivent de manière autonome, exercent une activité professionnelle et fondent une famille.

Il n’existe donc pas un « profil type » de l’autisme.

Les difficultés, les ressources et les besoins varient considérablement d’une personne à l’autre.

Le TSA est-il lié à l’intelligence ?

Non.

Le TSA n’est pas un trouble intellectuel.

Les personnes autistes présentent des profils intellectuels très variés.

Certaines présentent une déficience intellectuelle, d’autres ont un fonctionnement intellectuel dans la moyenne ou supérieur à la moyenne.

Le fonctionnement intellectuel est indépendant du diagnostic de TSA et, lorsqu’il est nécessaire de l’évaluer, il fait l’objet d’une évaluation spécifique.

Comment établit-on un diagnostic ?

Le diagnostic repose avant tout sur une évaluation clinique approfondie.

Cette évaluation comprend généralement :

  • plusieurs entretiens ;
  • l’analyse du développement depuis l’enfance ;
  • le recueil d’informations auprès de l’entourage lorsque cela est possible ;
  • l’observation clinique ;
  • l’utilisation éventuelle d’outils standardisés recommandés.

Les outils d’évaluation, tels que l’ADOS-2 ou l’ADI-R, peuvent apporter des informations précieuses, mais ils ne permettent jamais, à eux seuls, de poser un diagnostic.

Le diagnostic résulte toujours de l’intégration de l’ensemble des informations recueillies et des critères diagnostiques internationaux.

Un bilan neuropsychologique est-il toujours nécessaire ?

Pas systématiquement.

Selon la situation, une évaluation neuropsychologique peut permettre de mieux comprendre le fonctionnement cognitif, notamment les capacités attentionnelles, les fonctions exécutives, la mémoire ou certains points forts cognitifs.

Cependant, tous les diagnostics de TSA ne nécessitent pas un bilan neuropsychologique.

La décision dépend de la question clinique et des besoins de la personne.

Le TSA est-il souvent associé à d’autres troubles ?

Oui.

Certaines personnes autistes présentent également d’autres troubles ou difficultés, que l’on appelle des comorbidités.

Parmi les plus fréquentes figurent notamment :

  • le TDAH ;
  • les troubles anxieux ;
  • les troubles du sommeil ;
  • les troubles des apprentissages ;
  • certaines difficultés de coordination motrice.

L’identification de ces difficultés est importante, car elles peuvent nécessiter des accompagnements spécifiques.

Existe-t-il des solutions ?

Il n’existe pas de traitement visant à « guérir » le TSA, car il ne s’agit pas d’une maladie.

En revanche, de nombreux accompagnements peuvent permettre d’améliorer la qualité de vie et de favoriser l’autonomie.

Selon les besoins, ils peuvent comprendre :

  • de la psychoéducation ;
  • un accompagnement psychologique ;
  • l’orthophonie ;
  • l’ergothérapie ;
  • la psychomotricité ;
  • des adaptations scolaires ou professionnelles ;
  • un accompagnement des proches.

L’objectif est d’aider chaque personne à développer ses ressources et à évoluer dans un environnement le plus adapté possible.

Quelques idées reçues

« Les personnes autistes n’ont pas d’empathie. »

❌ Faux. Les personnes autistes peuvent ressentir les émotions des autres, mais les exprimer ou les comprendre différemment.

« Toutes les personnes autistes ont une déficience intellectuelle. »

❌ Faux.

« Toutes les personnes autistes sont surdouées. »

❌ Faux.

« On peut reconnaître une personne autiste en quelques minutes. »

❌ Faux. Le diagnostic repose sur une évaluation clinique approfondie et ne peut être établi à partir d’une simple observation ou d’un questionnaire en ligne.

À retenir

  • Le TSA est un trouble du neurodéveloppement présent dès l’enfance.
  • Chaque personne autiste présente un profil unique.
  • Le diagnostic repose sur une démarche clinique complète et ne peut être posé à partir d’un test isolé.
  • Les besoins d’accompagnement varient d’une personne à l’autre.
  • Un diagnostic permet avant tout de mieux comprendre son fonctionnement et d’adapter les accompagnements lorsque cela est nécessaire.
Esteban Ferreira
Psychologue